mercredi, novembre 16 2005, 12:54
Cartable électronique : Fini le moyen age ! Bienvenue à l'age de pierre !
Par Alex - Actualités - Lien permanent

Article paru dans Le Dauphine le mercredi 16 novembre
Il existe des solutions libres, tel que Egroupware et d'autres solutions tel que le SLIS Projet sous licence GPL et pourtant.. le département de la Savoie s'entête à proposer un produit inutilisable
Pourquoi ?
Le système permet d'avoir son cartable à distance (c-a-d une zone personnelle accessible en classe ou depuis le domicile) dans laquelle l'élève stocke ses fichiers et autres données (agenda, etc..).
Or il existe déjà un zone personnelle sur le serveur du réseau local de l'établissement et cette zone pourrait être mise à disposition depuis l'extérieur (extranet) hors des heures scolaires par exemple...
Au lieu de celà les promoteurs du cartable électronique ont choisi un système centralisé sur des serveurs externes à l'établissements, ce qui pose de nombreux problèmes :
- Bande passante : les collèges sont actuellement réliés en Adsl Neuf télécom : 1 Mb/s 128 kb/s émission. Ce qui veut dire, qu'il n'est pas possible d'émettre des données à plus de 16 Ko/s Sachant qu'une classe, c'est 27 éleves. Quand la sonnerie arrive et qu'il faut enregistrer ses données sur le
Cartable électrique
, alors il faut que les éleves se partagent 16 Ko/s à 27... Sans compter le reste du traffic de l'établissement, voir jusqu'à 3 classes connectées en même temps. - Pas d'accessibilité en cas de coupure du réseau, trois années de suite le cartable électronique a été inaccessible pendant plusieurs mois, cette année jusqu'après les vacances de la toussain.
- La Gestion de la création des comptes et des groupes est un modèle de système aléatoire, ça marche... ça marche pas...
- On ne peut pas gérer en local les problèmes, on est dépendant d'un service de maintenance qui ne répond jamais aux méls... plusieurs semaines sans nouvelles...
- Le système étant sur Paris, il faut passer à travers internet et plusieurs routeurs pour arriver jusqu'au serveur. Ce qui rend pénible l'usage quotidien, plus de 10 minutes pour gérer quelques fichiers... alors que des serveurs locaux permettraient d'avoir un gain de temps énorme et surtout une latence nulle.
L'ensemble du système est très lourd et incompréhensible sans une solide formation des utilisateurs (profs et élèves), on passe plusieurs séances de 2 heures à apprendre à utiliser cette interface
, au lieu de travailler sur les contenus.
De plus c'est un projet fermé, écrit en Zope, où il a fallu tout programmer, tester, valider, alors qu'il existait des interfaces en php, mysql et apache, libres, ouvertes et largement utilisées par de nombreux projets (egroupware ou autres)...
En fait c'est un projet d'universitaire pour des universitaires, il est adapté aux étudiants et aux chercheurs, qui travaillent depuis chez eux, qui ont des emplois du temps variables, qui travaillent en groupe, par modules, qui correspondent avec leurs enseignants, qui gèrent un agenda variable sur l'année et qui ont leur serveur sur place (comme à l'université de Chambéry)...
Le cartable électronique, c'est une usine à gaz
, totalement inadaptée au niveau des collèges, ou l'enseignant s'adresse le plus souvent à un groupe classe
et non à des individus, suivant un emploi du temps établi pour l'année en utilisant des outils qui doivent être simples et fiables et où l'élève n'a que très rarement besoin de ses données depuis son domicile...
On aurait pu faire mieux, plus simple, moins cher, en transformant simplement les intranets d'établissement en extranet... Mais bien sûr, celà aurait sans doute moins fait mousser
certains politiques
On aurait gardé, l'argent du contribuable pour acheter des ordinateurs, des vidéoprojecteurs, des serveurs... et pour payer la formation des professeurs aux usages pédagogiques
, sur des applications de base, libres et gratuites, tel que Mozilla Firefox, Openoffice, Gimp...
Un usage vers les primaires ?
Les remarques pour le collège s'appliquent aussi, évidemment, au niveau primaire... Pourquoi avoir cette envie de complexité auprès des plus jeunes ? Plusieurs choses à régler avant de vouloir passer du Moyen âge à l'âge de pierre :
- Formation des instituteurs
- Raccordements à très haut débit des écoles et des collèges
- Parc informatique performant, avec les mêmes outils partout (Firefox, Openoffice), on uniformise
Ne serait-il pas préférable de faire découvrir le web aux plus jeunes, et de leur apprendre sur des logiciels ouverts comment écrire un texte, remplir un tableur, réaliser un schéma explicatif, créer un dessin ?
C'est tragique, on se croirait presque dans un département innovant Là ou l'ont croit.. Qu'investir 25 Millions d'euros dans un projet fibre optique c'est trop cher.
Et l'on préfére tout donner à un opérateur... Tragique
Comment se fait t'il qu'en Espagne on arrive à faire des choses ? Extremadura
6 commentaires
Bravo ! Bravo !
J'applaudis. Quelle plume ... continue de la tremper dans l'acide.
Je trouve que ton style est de plus en plus percutant tout en étant de plus en plus correct du point de vue grammaticale. Tu vas devenir dangereux.
Il y a plusieurs choses dans cet article :
a) la question de savoir ce que l'on met au service des enseignants pour enseigner et des élèves pour apprendre
A ce sujet trois remarques :
- quelle que soit le contexte dans lequel un développement a été conduit (libre, démarche d'entreprise), ce développement est rarement parti d'une étude de besoins, d'une consutation des utilisateurs. De bonne foi souvent, les développeurs ont projeté sur la communauté éducative leur vision des usages. Ni le SDET, ni le plus souvent les CCTP (cahiers des charges) utilisés par les collectivités territoriales pour lancer leurs appels d'offre d'ENT n'ont été précédés d'une phase d'écoute, d'observation.
- dans la suite ce qui précède, tout à fait d'accord pour dire que les ENT ont assez peu repris à leur compte les usages des extranets (là où ils existent). Il y avait là de quoi valider les premiers services à mettre dans les ENT de chacun. Ici encore je parle des usages et pas des solutions techniques mises en oeuvre . Une analyse de ce existant aurait déjà permis de valider qu'un des premiers services à stabiliser est l'usage du mèl et que la route est encore longue...Combien de parents ou d'élèves peuvent-ils aujourd'hui écrire à un enseignant et obtenir une réponse dans un délai raisonnable ? Combien d'années faudra-t-il pour généraliser un tel service ?
- L'article pointe la vulnérabilité de l'accès à des services hébergés en dehors de l'établissement. Je n'ai évidemment aucun avis sur la qualité de service de l'ERN. Ce que j'observe, c'est que les services de base sont déjà "dehors" : le mèl académique des enseignants et tous les services que leur académie : i-prof, espaces académiques, leurs associations professionnelles : Clionautes, café pédagogique, etc.
Sconet qui remplace GEP pour la gestion des établissements sera hébergé au rectorat.
Il me semble que les services numériques qui seront demain distribués de manière nomade par l'ENT personnel de chaque élève, enseignant ou personnel administratif seront quelque part en dehors de l'établissement. Les questions qui se posent dès lors sont les suivantes :
- quels sont ces services (voir plus haut, analyse de besoins par les utilisateurs eux-mêmes) ;
- quelle qualité de service (devra-t-on attendre le lundi 10H00 pour que soit rétabli un service tombé en panne le vendredi à 16H00 (astreintes, etc.) ?
- commment stabiliser les réseaux locaux ?
- comment stabiliser la qualité de la collecte des établissements. Il y a encore des établissements qui n'ont même pas l'adsl...alors la fibre...
Pour conclure, je me méfierais autant aujourd'hui des projets répondant à des besoins d'image de nos politiques que des dispositifs pensés en interne par des équipes techniques coupées des utilisateurs et reposant sur un modèle où les données seraient exclusivement dans l'établissement, modèle que le Ministère vient d'exploser (et à mon sens à juste raison sous réserve ce qui précède) avec sconet.
Je peux comprendre que des collègues ayant construit des solutions très centrées sur des usages en intra-établissement (SLIS) aient du mal à articuler les services qu'ils proposent avec des services qui viendront d'ailleurs.
A tous de s'apercevoir que dehors et dedans ne veut plus rien dire. Il y a aura demain des utilisateurs nomades ayant accès dans leur ENT (URL unique, mot de passe unique) personnalisé des services dont ils ont besoin pour fonctionner.
Mille fois bravo pour cet avis que je partage entièrement. Bien qu'ayant affaire à un autre éditeur, les problèmes rencontrés sont exactement les mêmes. La logique suivie et imposée est purement commerciale ! Nous ne sommes que des pions dans cette histoire, pour ne pas dire des consommateurs forcés !
M. Modesto, qui n'apparait pas dans l'annuaire du Cartable Electronique des collèges, ne peut résister à un bon (?)mot. L'expression moyen age a été employée par un enseignant qui utilise le Cartable depuis le début et qui a contribué avec ses collègues à son développement. Il voulait dire que le Cartable, qu'il utilise régulièrement depuis 4 ans lui avait beaucoup manqué à la rentrée de septembre.
M. Modesto devrait rapidement venir au collège d'Ugine, pour qu'on lui montre les usages pédagogiques du Cartable et la manière dont les élèves s'en servent.
Plutôt que des jeux de mots insultants, il verrait à quoi peut servir un ENT.
Bien sûr, tout n'est pas positif, surtout pendant l'épisode ERN, pendant lequel le cartable n'a plus évolué. Cela n'a pas empêché les enseignants de tarvailler et d'inventer des usages.
Laisser entendre que le Conseil Général de la Savoie aurait tout misé sur le Cartable au détriment de l'équipement des collèges n'est pas honnête : Que M. Modesto vienne visiter les établissements !
Quant à préconiser de porter l'effort sur Firefox ou Open Office, quel rapport ? Open office est installé sur tous les ordinateurs du collège et les élèves n'ont aucune difficulté pour s'en servir, comme ils prennent en main le Cartable, sans aucun problème.
Que l'interface et certaines fonctionnalités du Cartable ne soient pas les mieux adaptées pour le collège, c'est ce que disent les utilisateurs eux-mêmes depuis longtemps. Le redémarrage devrait permettre de reprendre les évolutions qui avaient été laissée en attente l'année dernière.
Le collège d'Ugine n'est pas à l'âge de pierre, il est tout simplement au début du 21ème siècle et il essaie de progresser pour le bien des élèves. Et vous, M. Modesto, où en êtes-vous ?
mettez des images de journos
je penseque c'est une bonne idee... mais comment la realser effictivement?! c'est une question doutable...