"...en l'an de grâce 2007, le 11 février, j'atteint enfin le rivage de l'aéroport du Lamentin en Martinique. L'air est moite, une certaine tension parcourt l'atmosphère. Il semblerait que l'on prépare un carnaval... Bon, allez, il parait que les plages des Caraïbes sont pas trop mal.

PLOUF, mmmm, 28°, un peu chaud pour une marmotte... En face : la mer caraïbe, de son bleu bien bleu

Regard vers la plage à gauche : Classique cocotiers sur transparence aquatique, ça va, on ne m'a pas menti

Regard vers la mer à droite : l'échelle m'attire vers une plongée coralienne. Pas de photos sous-marines, désolé, ça restera dans ma tête seulement

pfiou, après une telle baignade, repos sous les cocotiers.

Wayouyou!! Mais c'est que c'est dangereux par ici!

Bon, ben si c'est comme ça, je vais filer en ville. Au moins ce sera plus tranquille. Tiens, tiens, y'a quand même des types louches à Fort-de-France... Si ils retiraient les voitures, ce serait vraiment une ville pleine de couleurs et paisible...

Eh, la bibliothèque Schoelcher, comme le nom de ce grand homme qui a tant fait pour l'abolition de l'esclavage.

Allez hop, je file à l'intérieur, ça m'évitera de recroiser ce type à l'allure si malsaine dans la rue.

Magnifique que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur. Quel calme à l'intérieur. Mais, mais! C'est qu'il m'a suivi avec son gros nez!!

Bon, allons bouquiner quelques reliques et autres documents témoignant de la riche histoire antillaise. Tiens, on dirait que le carnaval se prépare... J'entends même le son des tambours endiablés le soir dans les rues.

Epuisant la ville, entre la circulation et la chaleur étouffante des rues. Du coup, je file sur la presqu'île de la Caravelle. Sur le petit port de Tartane, à la tombée du jour, dernier bain de mer...

Je n'ose pas trop prendre en photo les habitants, sûrement par respect et parce que je sais que trop de cartes postales ont été faites à leur insue. Par contre, j'hésite pas à prendre les traces du passage de certains pêcheurs qui ramènent des thons, marlins, espadons, thazards et autres poissons toujours plus surprenants les uns des autres à bord de leurs gommiers creusés à l'origine directement dans le tronc des énormes arbres tropicaux du même nom.

Nouvelle journée, nouvelles découvertes. Aujourd'hui, non plus plongée dans le grand bleu, mais immersion dans le grand vert. Les bananiers, magnifiques, mais trop nombreux... et surtout arrosés pendant trop longtemps avec du chloredécone par décision des békés (blancs créoles) et en toute conscience des effets néfastes.

Sans doute un cousin sauvage du bananier : le balisier. En tout cas, les feuilles sont très ressemblantes

Mais la beauté du balisier se cherche au milieu de ses feuilles...

La fleur de balisier, sublime joyau de la nature.

Quoique un brin de soleil dans les feuilles est aussi parfois pas si mal...

Voire un petit peu féérique quand on randonne dans la forêt tropicale

Tiens, peut-être une cousine éloignée, voici Alpinia, un clin d'oeil à nos montagnes!

Ah oui, au fait, pour les cueillir, il faut utiliser le coutelas. C'est plutôt énorme comme fleur. Joli bouquet de bambou de 5 cm de diamètre. Pratique pour construire des trucs.

Une fleur.

Un arbre bizarre avec des grosses fleurs toutes bizarres

Le bois canon, me demandez pas pourquoi il s'appelle comme ça, mais il frime avec ses feuilles lui.

Tiens tiens tiens. Mais oui, j'avais oublié, c'est complètement volcanique ici. Les pitons du Carbet. Toujours actifs mais peu de chance qu'ils se réveillent. Y'a plus à craindre du côté de la Pelée qui explose et fais de jolies nuées ardentes qui ravagent tout sur leurs passages.

Bon, ben messieurs les pitons, si vous pouviez éviter de vous réveillez quand je suis sur vos flans, ça m'arrangerait

Allez, je m'enfonce un peu plus dans la forêt tropicale. En route pour les chutes de Didier. D'abord le canyon et les chemins de rando autour et dans la rivière.

Aaah, beh enfin une photo de moi! C'est pas trop tôt!

Et vous avez vu, c'était pas mal haut. Mais je suis habitué, de la rigolade à côté de nos montagnes.

Wouha, c'est beau. Premières chutes de Didier. J'avoue que l'eau est un peu fraiche par rapport à la mer. Mais bon, ça reste plus chaud que les torrents de montagne.

Tiens, une charmante touriste m'a accompagnée.

Bon, j'avoue que j'ai posé pour la photo...

Mais j'ai quand même bien la classe, non?

La vue d'en haut est pas si mal aussi. Eh mais on dirait que les touristes ont escaladé la cascade!

Aaargh, une mygale qui me barre la route. De toute façon, j'ai même pas peur, pffff. On m'a dit que leur picure ne faisait pas plus mal que celle d'une guêpe. C'est le serpent qui est plus inquiétant. Lui, il peut faire presque deux mètres et sa morsure est mortelle en moins de deux heures. Le scolopendre est pas mal non plus dans le genre avec ses trois jours de fièvre...

C'est la même ou pas?

Aïe maman!! C'en est une autre!!!

Eh eh eh, plus haute, plus belles, plus loin, les secondes chutes de Didier. Taintaintain!!

Je ne résiste pas à une seconde photo...

Si je lève les yeux au ciel, de magnifiques fougères arborescentes jouent avec les rayons du soleil.

Bon, allez, il se fait tard, je rentre à la maison... Au secours, le carnaval a commencé, c'est le mardi gras, la journée des diables rouges. Ils vont m'attraper!

Pour échapper aux nègs gwo siwo et à la terrible Marianne lapofig, je fuis sur l'une des plages les plus éloignées de la civilisation. Anse couleuvre. Sable noir, bordure en falaise et en forêt tropicale, un air de terre oubliée.

Une terre isolée...

Voilà, la fin du voyage approche, dernier coucher de soleil. Ah, quel séjour. Et il me reste pourtant tellement à découvrir de cette île et de ses habitants. Tiens, par exemple les soirées bèlè, au rythme du tambour avec des danses incroyables et magiques. Le matoutou crabe de Pâque, les chanté Nwel... Bon, demain je reprends l'avion, pour retrouver les montagnes. J'en profite pour envoyer ce message dans une bouteille au cas où il m'arriverait quelque chose..."

Après avoir reçu ce message dans une bouteille, Bonnette ne donna plus aucune nouvelle pendant très très longtemps... Que s'est-il passé? Quelques jours après avoir recueilli cette bouteille, je reçus dans ma boîte au lettre une video qui montrait clairement que Bonnette avait été kidnappée par des ravisseurs qui avaient essayé d'assassiner mon hôte. Ils demandaient que toutes les marmottes aient les dents limées. Bien sûr, trouvant ces actes intolérables et d'une ignonimie abjecte, je me suis dépéché d'envoyer une équipe de manicous (opposum martiniquais) spécialisés dans le kidnapping pour délivrer cette pauvre Bonnette. Après de nombreuses négociations, un terrain d'entente fut trouvé. Finalement, les marmottes useraient leurs dents naturellement en grignottant des choses dans la nature. Ouf! Les manicous délivrèrent Bonnette qui fut rapatriée le plus rapidement possible par avion. Nous sommes encore désolés pour ce contretemps dans le voyage de Bonnette et nous en excusons (un jour viendra la video du kidnapping, un jour).

Signé : la compagnie BabosCaraïbe